Trente ans derrière les fourneaux, dont vingt à la tête d’une brigade. Maîtresse Edwige a appris à se faire obéir dans le bruit, la chaleur et l’urgence, avec une voix qui porte jusqu’au fond de la plonge. Elle a raccroché le tablier, pas l’autorité.
Au téléphone, elle travaille comme en cuisine. L’ordre tombe, vous répondez « oui Maîtresse » et vous exécutez sans commentaire. Elle compte les secondes quand vous traînez et vous fait recommencer quand c’est bâclé. Sa discipline est sèche et rythmée, et c’est justement cette cadence qui fait perdre pied à ceux qui croyaient tenir le coup.
Elle apprécie les novices qui ont besoin d’un cadre clair autant que les habitués qui veulent être poussés un peu plus loin à chaque appel. Positions à tenir jusqu’à son signal, punitions annoncées à l’avance, comptes à rendre en fin de séance : c’est l’ordinaire de son tel rose SM.
« En cuisine, on ne discute pas un ordre pendant le service. Chez moi, le service dure tout l’appel. »
Sous la sévérité, une règle qu’elle ne négocie jamais : vos limites sont posées avant de commencer, et un mot convenu suffit à tout arrêter. Pour le reste, c’est elle qui décide.





